dimanche 10 juillet 2016

Un peu beaucoup



Minime fleur de pâquerette,
une et multiple,
d’une singularité infime, comme un détail,
 point posé là
dans le pli des herbes,
ta blancheur minuscule,
parcelle d’infini,
anime
l’esprit de la vallée ;
surgie des ténèbres, lactescence nocturne,
tu retiens en ton cœur une goutte de lune.
Ne pas te priver
de tes pétales un à un essaimés,
ellipses de larmes effacées,
à dire et appeler
l’amour passionnément
ou pas du tout…

Juste, très longuement
te contempler,
t’écoutant tout au-dedans
conter silencieusement fleurette
dans la puissance intuitive
d’une enfance retracée…
nc

5 commentaires:

r.t a dit…

Cette scène m'évoque des enfants qui jouent dans une zad et je suis inquiet car je sais que les forces de l'ordre patrouillent pour les éliminer.

Noëlle Combet a dit…

Une zone à défendre...Des patrouilleurs...Voilà qui ramène de sinistres images d'une enfance menacée...Alors peut-être qu'un silence des mots, désormais vains, s'impose. C'est ce que je me dis depuis un certain temps déjà. Peut-être en suis-je là...

r.t a dit…

La parole dite de l'un à l'autre à un pouvoir inconcevable. Nous le savons bien. J'en vis encore. Non, vous ne vous tairez pas, je n'en crois rien.

Noëlle Combet a dit…

Je ne sais...Merci René pour cette parole dite. Elle m'est précieuse. Bonne soirée.

r.t a dit…

La parole a un pouvoir... ah ces correcteurs intempestifs ! Bonne soirée et merci.