mardi 18 octobre 2016

Nébuleuse



Nuées si légères
en leur griserie fugitive ;
s’y dissoudre
au péage de l’improbable,
s’ombrer de leur effacement
et aller jusqu’au bout de la nuit
si j’ai le temps.

Mais voilà, comme le dit Hû du « travail d’écrire »,
«  Il exige. Il veut. Il domine » ...(1)
Je lui résiste, boule compacte en suspension
entre la délicieuse dissolution nuageuse
et mon incarnation qu’images et pensées regagnent
de leur flux érotique ;
revoici l’enfant sauvage mordillant rageusement son crayon
devant un cahier de brouillons noyés, bouillon des premiers textes
sur une feuille… ratures et  larmes séchées… mots échappés…

Quelle heure est-il donc ?
J’abandonne mon regard aux courbes de la hampe nouvelle,
et le soleil s’attarde aux fleurs écloses de l’orchidée blanche bien aimée.
Sur l’autre hampe, un keiki attendra la transplantation :
une seule racine pour l’instant ; il en faut trois…


nc
(1) rencontresimprobables.blogspot.com

8 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

l'enfant sauvage aux mots libres et déliés, entre choses et mots, est-ce un possible destin, celui d'après la fréquentation de l'analyse et de l'ics ? Destin de création et de poésie, en son autre manière de penser, rigoureuse et libre, dans son destin langagier, entre racines et pétales orchidées.
Merci grand de vos mots faits poète...

VincentSteven a dit…

Bonjour Noëlle,

S'exhale ici un heureux parfum déjà rencontré chez les 'vieux' Chinois ; je pense à Li Po / Li Bai.

Bonne journée et à vous lire encore.

Vincent

Noëlle Combet a dit…

Merci Vincent; vous faites souvent référence, m'ayant lue, aux poètes chinois que je ne connais pas. Pourriez-vous me conseiller des ouvrages? En fait, c'est la pensée chinoise que j'ai abordée avec F. Jullien comme vous savez. Il aborde la poésie mais ça reste théorique.

Noëlle Combet a dit…

Merci Hûe...Oui, entre choses et mots, avec l'analyse comme vous le dites ici et en témoignez sur votre blog...mais aussi avec une approche du "vide médian"...Une "autre manière de penser", c'est vrai.

VincentSteven a dit…

Il y en a moult, mais je vous en conseillerais volontiers deux : 'Anthologie bilingue de la poésie chinoise classique' de Maurice Coyaux, coll. architecture du verbe, éd. Les Belles Lettres et 'L'écriture poétique chinoise (suivi d'une anthologie des poèmes des Tang)' de François Cheng, coll. Points, Éditions du Seuil. Il est d'ailleurs intéressant des les croiser (ainsi que d'autres) pour apprécier combien le chinois classique s'offre à la polysémie : un seul poème, une pluralité de sens. La traduction amplifiant d'ailleurs à raison ou à tort ce phénomène.

Noëlle Combet a dit…

Merci Vincent...j'irai voir les deux et y retrouverai peut-être un souffle d'écriture qui, parfois, de plus en plus souvent me fait défaut.

VincentSteven a dit…

Sans doute faut-il même abandonner le souffle, car la poésie est peut-être elle-même sans souffle. Pour paraphraser François Jullien…

Noëlle Combet a dit…

Oui...ou étant et n'étant pas, elle est pur souffle qui n'est pas à retrouver, vous avez raison, mais dont on peut espérer qu'il nous souffle!