mercredi 2 novembre 2016

"Des qualités sans homme"



Je rappelle tout d’abord  l’introduction dont je faisais précéder un texte écrit en 2014 : « Sentiment océanique et écologie profonde », rappel qui donne à voir combien le roman de Musil « L’homme sans qualités » permet de creuser davantage ce sillon :

« La question d’une articulation entre le « sentiment océanique » et l’écologie, est restée longtemps présente en moi sous une forme implicite jusqu’à ce qu’elle se pose et insiste de plus en plus précisément dans la mesure où il m’est devenu évident, à la lumière de la crise actuelle, que les hommes, ainsi que la planète, comme on dit, mais  plus largement l’univers auraient avantage à une telle articulation.

Flashes

C’est mon expérience personnelle qui m’a orientée vers cette question : je m’étais sentie ponctuellement, depuis l’enfance,  sujette à des « flashes » très particuliers comme celui qu’évoque ce poème de juin 2011 écrit, dans le temps d’une ressaisie interprétative, quelques jours après une sorte de rêve éveillé, un jour où je m’étais allongée dans l’herbe :

Dos contre terre,
j’avais les cheveux verts
et les mains bleues
ongles de nuages nacrés.

Je sentis le soleil entre mes doigts ouverts
et vis mon corps en suspens inversé.

Dos contre ciel,
j’avais les cheveux bleus
et les mains vertes
ongles d’écorce brune

Ce jour-là, je fus morte et vivante.

Qui dit « flash » dit effacement quasi immédiat. L’éclair d’un tel instant, l’on ne peut se le réapproprier que dans la fiction de l’écriture. Je ressens ce vécu comme « marginal », dicible seulement en poésie et, après m’être longtemps crue « étrange » pour ne pas dire plus, il m’arrive maintenant de trouver prétentieuse ou factice l’évocation d’après coup comme de me sentir aussi, étrangère à mon contexte, voire exilée.
Mais…ayant rencontré dans mes pérégrinations avant tout et longuement sous toutes ses formes (divan puis fauteuil) la psychanalyse, et ensuite la physique quantique, le taoïsme, le YI Jing, fait l’expérience d’ « états de conscience élargie », lu des textes qui parlaient de «  mystique sauvage » d’ « écologie intérieure », j’ai constaté que d’autres avaient connu des expériences voisines et avaient su les traduire dans une pensée qu’on ne pouvait qualifier d’extravagante. »

Lire le roman de Robert Musil m’aura permis de dépasser le point où j’en étais, à ce moment-là, de mon expérience, de l’élargir jusqu’à une analyse phénoménologique rationnelle, me convainquant que « l’autre état » ainsi qu’il nomme l’expérience mystique pouvait s’approcher autrement que comme simple illumination, et que si « le moi n’est pas maître en sa demeure » ainsi que le prononce Freud, son effacement n’est pas seulement l’effet de l’inconscient, c'est-à-dire d’un aspect intrinsèque du psychisme, mais qu’il y a aussi en jeu un élément extrinsèque que Romain Rolland a pu approcher, après Nietzsche, il est vrai, qui écrit dans un fragment posthume : « Aller par delà « moi-même » et « toi-même », éprouver d’une manière cosmique ». Le supplément proposé à ces approches par Robert Musil dans son élaboration de la mystique clairvoyante, c’est la tentative de l’élargir à la société et à l’humanité…et on le comprend : victime du nazisme, ne cherchait-il pas des antidotes à la violence ? C’est à ce titre que notre époque peut être aussi concernée. Ainsi Musil introduit-il un chaînon, celui de la société, entre le personnel et le cosmique, en passant par le social quand il passe de « l’autre état » à « l’autre Etat ». Après avoir approché cette question dans mon texte précédent : « Ce qui ne s’appellera pas marasme… »,  J’indique ici comment j’ai pressenti cette pépite dès la lecture de deux chapitres et demi du tome 1 : « Ulrich avait oublié la très importante histoire de la femme du major » ; « un homme sans qualités se compose de qualités sans hommes » et le début du chapitre : « un homme a toutes les qualités mais elles lui sont indifférentes ». Ces deux chapitres constituent une matrice de ce que le tome deux développe comme je l’ai indiqué dans ma lecture/écriture précédente.

Le chapitre consacré à la femme du major évoque le foudroiement amoureux d’Ulrich et de la majoresse dans un instant inattendu et d’une telle sidération que l’amour va s’y révéler invivable, c'est-à-dire impossible à inscrire dans une durée. C’est la première expérience amoureuse d’Ulrich et elle exige de manière aussi urgente qu’évidente, un dépassement. L’expérience amoureuse peut prendre  de multiples formes entre deux extrémités, l’une l’inscrivant dans la passion et donc dans la souffrance, « passion triste », et l’autre dans la durée et la quiétude. Il semble que, dans toutes les formes de cette expérience, un dépassement ou un élargissement soit nécessaire pour parvenir, si on la souhaite, à une « joie » telle que la célèbre Spinoza à la fin de l’ « Ethique ». Les rencontres charnelles éphémères, quant à elles, laissent le plus souvent qui les expérimente, sur sa faim. Cette faim est aussi une sorte de court circuit- voisin peut-être de l’expérience passionnelle- dans le dessein, d’éviter le temps long ; pour autant,  font elles accéder plus vite à « l’autre état » ?  
Ulrich a une vingtaine d’années quand il rencontre la majoresse, douze ans avant de se remémorer cette rencontre. Musil avait, quant à lui, dix neuf ans lorsqu’il s’éprit de l’actrice Paula Ulmann ; tout ldonne à penser qu’il s’en est souvenu dans l’écriture de « L’homme sans qualités ». Ulrich évoque l’épisode comme une passion ancienne pour une femme dont il ne parvient pas pourtant à se remémorer les traits. Il lui paraît désormais « comiquement incroyable » d’avoir aimé  cette femme du major, plus âgée, pianiste. L’auteur précise «  Dès le début, Ulrich s’était moins épris de la présence sensuelle de cette femme que de son idée » Comment ne pas penser ici à la définition spinozienne de l’amour en tant que «  joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure » ? A partir de là, en ce qui concerne Ulrich, l’amour apparaît déjà dépassé avant d’être consommé et il ne pourra pas l’être, ce qui est manifeste dès le premier contact : « Ils s’embrassèrent passionnément et se trouvèrent bientôt embarrassés, parce que leur amour était si grand, si exceptionnel qu’à leur vive surprise, ils ne trouvèrent rien d’autre à dire ou faire que ce qu’on dit ou fait dans toutes les autres étreintes ». Et cet amour, précise l’auteur, fut «  dans toute sa durée, aussi bref qu’irréel […]  Ils sentaient tous deux que quelque chose clochait et les empêcherait toujours d’être vraiment corps contre corps dans leurs étreintes quand bien même ils se déferaient de toutes les entraves du vêtement et de la morale ». Ulrich choisit donc de s’éloigner et la majoresse pousse au milieu de quelques larmes, un soupir de soulagement.
C’est alors qu’Ulrich, accède à l’ « autre état », celui qui sera méthodiquement analysé dans le deuxième tome, à la lumière du lien d’Ulrich et d’Agathe (cf. ce blog : « ce qui ne s’intitulera pas intermède M : marasme »). Agathe s’appelait Valérie dans les premières épreuves, prénom donné par Musil dans ses « journaux » à l’actrice qu’il avait aimée à vingt ans. Ici, Ulrich écrit des lettres qu’il n’envoie pas, sauf la dernière où il affirme que « le grand idéal d’une vie vouée à l’amour n’a rien à faire avec la possession et le désir de posséder qui sont du domaine de l’épargne, de l’appropriation et de la gloutonnerie » Mais avant d’en arriver à ce constat, son expérience voisine l’ « autre état ». A l’idée de la majoresse se substituent des paysages, des animaux et un sentiment d’indifférenciation ; aucune séparation, de celles qui caractérisent l’humanité, nous dit l’auteur, n’intervient plus. Et il évoque l’amour mystique. Tout ce passage, je l’ai lu avec l’éclairage de Spinoza et ai su dès lors que je lirais jusqu’au bout cet immense ouvrage. « Il était tombé dans le cœur du monde ; de lui à sa très lointaine bien–aimée, la distance était la même que jusqu’à l’arbre le plus proche ; une sorte d’intériorité unissait les êtres et supprimait l’espace ». Cet état, nous dit l’auteur, Ulrich le voyait avec clarté (Musil parlera plus tard de « mystique clairvoyante ») : « nulle cause, nul but, ni désir physique n’y agissait; toutes choses s’y éployaient en cercles toujours renouvelés comme quand un jet d’eau tombe inépuisablement dans une vasque » ; il se produit une poésie intérieure, une métamorphose : « tous les problèmes et tous les incidents de la vie prenaient une douceur, une tendresse, une paix incomparable et en même temps un sens entièrement différent de l’ancien. Qu’un scarabée, par exemple, passât sur la main de l’homme méditant, ce n’était pas un scarabée et un homme, mais un événement qui touchait indescriptiblement le cœur, même pas un événement bien que cela advînt, mais un état ». L’intuition spinozienne de la « joie » née de l’amour et l’analyse de l’écrivain se rejoignent ici.

Les deux autres chapitres qui m’ont donné à pressentir une élaboration d’essence mystique paraissent loin du sentiment amoureux. C’est une autre approche qui implique une conception du monde. Un titre tel que « des qualités sans homme » donne déjà à réfléchir : quel serait ce « milieu » sans homme,  donc extérieur à lui, qui recélerait ses propres « qualités », ses caractéristiques particulières ? Le titre suivant fait ricochet : « Un homme a toutes les qualités mais elles lui sont indifférentes ». Musil en vient à constater que les expériences vécues peuvent apparaître comme détachées de celui qui les vit, ici Ulrich, dans la mesure où « elles sont passées sur la scène, dans les livres, dans les rapports de laboratoires… »  Par conséquent, elles sont « tout simplement, dans l’air ». Comme le « sourire sans chat » rencontré par Alice dans le « Pays des merveilles » ?  L’auteur associe cette constatation à une désintégration de la conception anthropomorphique, qui faisait de l’homme le centre de l’univers. On peut penser bien sûr à l’inconscient mais l’approche de Musil paraît plus large.  Il reprend ce fil à plusieurs reprises dans le chapitre suivant « un homme a toutes les qualités mais elles lui sont indifférentes ». On peut imaginer un « dessein » qui échapperait, quelque chose qu’on ne connaît pas. « Indéfinissable » ainsi qu’il caractérise ensuite l’esprit ?  « Il passe, dit-il à travers celui qui aimerait l’accueillir, ne lui laissant qu’un ébranlement léger ». Cet « esprit »  resterait donc extérieur à l’homme ne l’affecterait, s’y incarnant, qu’à peine ; il pourrait bien, dès lors, être associé à ces « qualités sans homme ».  C’est là que j’ai pensé à Averroès et à ce point extrême où il mène, plus loin encore qu’Avicenne, la conception tout d’abord aristotélicienne d’ « intellect détaché » : il y a selon lui un intellect extrinsèque à l’homme et dont peut s’emparer l’intellect intrinsèque propre à chacun. L’intellect extrinsèque, ou intellect agent, défini par lui comme une substance ne reste pas étrangère à l’homme, peut l’informer, le constituant dans son être, à condition que l’homme s’accepte potentiellement constituant autant que constitué. Donc, l’homme pourrait prélever quelque chose de cette substance. Mais comment ? Cherchant à cela une explication sans doute trop audacieuse, je suis repassée, dans la mesure de mes moyens limités, par la physique quantique. Je me suis d’abord détournée pour caractériser ce milieu extérieur, du mot « substance » qui me semblait alourdi de trop d’épaisseur philosophique ;  il fallait imaginer un élément plus subtil nous environnant. Ainsi m’est revenue la notion de « flux quantique » quand des bancs distincts de particules peuvent interférer entre eux, ce que j’avais déjà abordé autrement dans le texte : « Le sourire du chat et les univers parallèles ». Interférence pour l’homme entre un champ externe et un champ interne de particules ? Une synchronie telle que le physicien Pauli l’a approchée dans son travail avec Yung ? Autrement dit, un enchaînement acausal. L’on revient ainsi à une forme de télépathie dont Freud a reconnu la réalité sans pouvoir la démontrer. Et les « qualités sans hommes » peuvent être référées à cet environnement spirituel avec des éléments duquel,  par une sorte de hasard, nous pouvons nous sentir ponctuellement intriqués, intrication qui peut apparaître aussi comme une des manifestations de l’ « autre état ». Mais ici, pas de rencontre amoureuse entre deux êtres et qui va s’élargissant, se dépassant, se suffisant d’une idée de l’objet éventuellement absent, là ou pas. S’il y a cette sorte de synchronie, il s’agit bien pourtant aussi d’une rencontre, comme en un éclair, qui laissera peut-être la réminiscence d’une expérience précieuse et prendra la forme d’une sensation ; ou se formulera en idée vague pouvant ensuite creuser son lit. L’astrophysicien Etienne Klein se sert de l’amour, mais en tant que métaphore pouvant illustrer l’ « intrication » quand il la théorise : «  Le chercheur Étienne Klein donne une métaphore romantique de l'effet EPR : Deux cœurs qui ont interagi dans le passé ne peuvent plus être considérés de la même manière que s'ils ne s'étaient jamais rencontrés. Marqués à jamais par leur rencontre, ils forment un tout inséparable. Cette interprétation n'est pas si dépourvue d'intérêt scientifique qu'il y paraît : Étienne Klein, dans ses travaux de vulgarisation, a toujours tenté de montrer comment les phénomènes de physique quantique tenus pour des paradoxes de cette discipline ressemblent à des effets très familiers. » (Wikipedia : Paradoxe EPR). L’autre état n’a-t-il pas sa source dans un élan du corps, un désir nu vers quelque chose qu’on ne sait pas et qui tout à coup  apparaît, que l’élan fait apparaître ? C’est pourquoi un homme ne  peut évoluer d’un état où toutes les qualités lui sont indifférentes à l’ « autre état », d’un infini potentiel à un infini actuel, pour le dire encore autrement, que s’il ressent en lui la nécessité d’une rencontre dont l’indice est l’improbable. On peut penser à Léonard de Vinci. Quelle rencontre improbable quel hasard vers lequel il était tendu, lui a soufflé ces dessins, prototypes de nos avions modernes ? Quelle alchimie a créé en lui un précipité synchronisant la beauté des oiseaux qu’il aimait observer et peindre et ces calculs mathématiques en quoi il était expert ? C’est sans doute la question qui se pose à propos de toute invention, de toute création. Ulrich n’en est pas là au début de « L’homme sans qualités », d’où son indifférence au monde et à ses caractéristiques. Il ne s’en approchera, dans le second tome qu’au décours de son lien avec Agathe, quand dans l’écriture, il tentera de dire l’ « autre état », comme le fait Musil à la fin de sa vie, ne laissant sur ce point que des notes éparses au moment où il ose ce saut de l’ « autre état » à l’ « autre Etat »,  et inscrit son œuvre dans l’inachèvement.

« Mystique clairvoyante » en tant qu’élargissement d’un état amoureux ou intrications éventuelles entre chacun et une sorte de champ particulaire extérieur. Y accéder suppose une sorte de choix, une « volonté » selon le terme de Musil, pour prendre le risque d’un hasard qu’Ulrich n’a pas encore rencontré. C’est pourquoi,  Musil affirmant par ailleurs que « pour qu’il y ait du réel, il faut bien qu’il y ait du possible » la question se pose de savoir si Ulrich n’est pas « l’homme du possible », un possible encore indéterminé. Ce possible-là permettrait-il d’élargir le champ du Réel, concept lacanien référé par son inventeur à l’impossible ? Il m’arrive de penser le Réel lacanien comme du « non créé » quel que soit ce qui fait obstacle et de me dire que c’est au possible qui pourrait, là, enfoncer un coin, que conduirait la «  mystique diurne » musilienne dans ses formes personnelles mais aussi dans une utopie sociale et politique.

NC

4 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

Texte à méditer ! J'y reviendrai tant il est riche. Il me fait associer à ceci sans forcément que cela ne soit commentaires...
Les références nombreuses que vous évoquez me sont apparues comme des fenêtres différentes qui pourraient faire focus sur une aspérité, sur un point de réel, " mystique diurne" en termes musiliens, de notre inscription dans le monde. Oserons nous le terme de mystique quantique ? ;-) Et leur voisinage avec la mystique du vide si chère à l'Orient, qui peut parfois nous visiter à n'importe quel moment de la journée. C'est son avantage ;-). Diversité mais pour cerner quelque chose d'étrangement semblable et hors de .
Un milieu sans homme, un sourire sans chat, en seraient de possibles formulations. Avec serait-ce la joie au détour ? Délestation, dépouillement et sorte de réveil ou d'éveil à ce qui cause nos représentations du monde et qui causent toujours : cause toujours ! dérisoire et nécessaire à la fois... Je pense que cela évoque une expérience proche de celle des mystiques tout en étant profondément " laïque". Parfois l'analyse ou certaines expériences de la vie ouvrent à. J'avais essayé d'écrire cela.
Puis il y a cette formulation très clinique :
Deux cœurs qui ont interagi dans le passé ne peuvent plus être considérés de la même manière que s'ils ne s'étaient jamais rencontrés. Marqués à jamais par leur rencontre, ils forment un tout inséparable
Au-delà des associations imaginaires florissantes qui pourraient en être dites, elles disent la rencontre peut-être. Rencontre entre deux sujets qui leur aurait permis une autre rencontre, fondamentale : la rencontre d'avec ce qui fonde notre être, notre humanité. Elle ne peut se faire sans la nature qui l'environne sans doute et d'un rapport amical et bienveillant à cette même nature.

Merci de ce beau texte Noëlle, belle journée à vous

Noëlle Combet a dit…

Joie est ce que je ressens à vous lire et ma journée s'en éclaire. Vos angles de vue ouvrent plus encore la perspective: "mystique quantique", "mystique du vide" qui n'est pas le néant et permet l'"éveil", l'ouverture à ce qui est à venir,ce qui "cause toujours". Oui, c'est bien cet inattendu qui procède d'une rencontre, éventuellement celle de deux cœurs aussi bien dans un champ clinique que dans un champ...disons...mondain et une autre rencontre, plus vaste s'en produit, avec la nature, oui, et avec l'humanité qui appartient aussi à la nature. J'aime beaucoup l'oxymore "semblable et hors de";l'oxymore est à mes yeux une expression linguistique de la mystique, une figure poétique essentielle.
Très belle journée à vous aussi, Huê.

r.t a dit…

Votre poème est très beau vraiment !

Noëlle Combet a dit…

Un grand merci, cher René, pour votre élan vers ce poème. Vous lire m'est toujours réconfortant. Très belle soirée à vous.