dimanche 5 février 2017

Arpenter l'incréé



Là où images et mots
se parlaient en écho,
s’échangeaient, alternaient, s’effaçaient,
se méprenaient,
une parmi toutes,
étrangement rêveuse, si puissamment rêvée,
 que renversée et dégriffée ;
 de vérité défigurée, les pas, déphasés, silencieusement, s’éloignent
en boitant,
arpentent l’incréé, le vide où se trace
en creux
une présence défaite
pourtant indépassable,
en un frisson de fleur
faisant du vivre joie.
nc

9 commentaires:

r.t a dit…

Un très beau poème. On sent le frémissement de la vie, toujours à créer, toujours à venir, ou plutôt venant, se créant, nous dépouillant à mesure des protections matérielles ou mentales dans lesquelles nous sommes si prompts à nous envelopper... Laissons-nous inviter, venir, vivre joie... comment résister ? ! ! !

Noëlle Combet a dit…

Merci René pour ton approche si sensible, à fleur de lettre, à fleur de l'être, à fleur de vie, "se venant créant"t (j'ai eu envie d'inscrire tes participes présents dans une forme progressive pour qu'ils participent plus encore du présent à venir...)

VincentSteven a dit…

On avance peu à peu
comme un colporteur
d’une aube à l’autre


Philippe Jaccottet, Monde.

Noëlle Combet a dit…

Merci Vincent. Un plaisir de vous retrouver ici dans ce lien, immérité, que vous faites avec Philippe Jaccottet dont vous savez combien je l'apprécie!

VincentSteven a dit…

Un ami et un compagnon de passage - c'était il y a fort longtemps, comme on dit - professeur de philosophie au demeurant, sans y demeurer d'ailleurs, devint marin de haut bord, de très haut bord, sur un superpétrolier. Le Havre - Le Golfe (Persique) telle était sa destinée, quelques mois de mer par an, sur son petit vélo - pensez donc, un navire de plus de trois cents mètres de long à parcourir X fois dans la journée… Et puis, philosophe, ce marin de haut bord et de haute mer, se lassa, en eut marre de la mer et de son supermachin, et retrouva sa goélette Wolkswagen et camping-car, qui, fidèlement, l'attendait au port… Alors, il partit ailleurs… et devint, incroyablement, d'aube en aube, de jour en jour, et jusqu'au crépuscule, colporteur de livres, et arpenta, de porte à porte, d'être à être, l'improbable de l'improbable arrière-pays niçois. Ce n'était pas pour lui, il me semble, immérité. Quant à son incréé… Il le tenta jusqu'au bout des livres qu'il colporta… Mais pourquoi cette histoire idiote ?! Parce que vous m'avez, bienheureusement, donné l'idée de l'écrire. Et puis, ce serait trop compliqué et redondant d'ajouter, ici et à cela, une doucereuse mélodie de Cole Porter…

Noëlle Combet a dit…

Merci Vincent, pour cette histoire qui dit bien l'errance dans l'incréé et ce qui s'y peut rencontrer, dans une sorte d'épure minimaliste de sa vie. Je la trouve délicieuse et suis bien contente de l'avoir méritée! Me reste à imaginer, à l'arrière-plan une ambiance Cole Porter. Merci et bonne soirée à vous.Pour moi, entre Colporter et Cole Porter, je vais me laisser doucement aller...à cole porter ma journée dans un rêve que je voudrais aussi plaisant que votre récit qui m'a fait aussi penser à"Novecento pianiste"

VincentSteven a dit…

Oh, c'était l'époque, très ancienne, où, à l'instar de Jean-Sol Partre et de Serge July, nous essayions de vendre, à Richelieu en Poitou, sur le marché, notamment, le premier et militant 'Libération, et de convaincre le peuple à 'La Cause du Peuple'… Ensuite, j'ai rencontré, indirectement, Lacan, et son Lacan dira-t-on… et se fût une autre histoire… Décidément, l'incréé à de l'histoire passée devant soi…

Noëlle Combet a dit…

"L'histoire passée du futur"...ça me fait penser au Talmud :"Souviens-toi du futur"...Une riche expérience que la vôtre, de ces expériences dont des vies sont pleines.

Hue Lanlan a dit…

je retrouve le chemin des blogs et je découvre votre beau texte sur l'incréé. Ne pas se méfier du beau, mais il y a ce vide, ex nihilo,d'où creuser encore et encore son chemin singulier, c'est ce que m'évoque votre texte et en tout cas la voie qu'il désigne à travers ses mots. Belle journée à vous, qu'elle vous soit tisserande de mots ;-) chère Noëlle.