lundi 24 avril 2017

Ouvrances



La brume a glissé sur ma joue ;
un quart de lune a tangué dans le brouillard,
lumière cendrée où tu avais disparu un soir
quand je tendais vers toi les mains,
 à l’aveugle, un bandeau sur les yeux.
La ténèbre grise t’avait absorbé
comme elle avait englouti
l’amour du monde… Folie barbare
d’amour en haine…

Se rouvrirent pourtant les lèvres,
se cherchant,  se souriant,
au-delà des armes  larmes, dans les rues ;
et les rêves boucles de toi et moi,
dans nos émois, maillés éraillés.
La nuit fendue avait inventé un soleil bleu
et  l’intensité du lilas au matin
sur les chemins où la cueillait
une senteur de verbe ombre silence.

nc

5 commentaires:

r.t a dit…

L'amour, la solitude, le désir, l'adversité,
les plaisirs, l'émerveillement, rien n'est sans mots quand est la liberté d'écrire. Et la lecture, à son tour, continue les "ouvrances"...

Noëlle Combet a dit…

La liberté d'écrire... Émerveillement, oui,quand elle est là, et la liberté, tout simplement, quand on réussit à se sentir en joie, quoiqu'il en soit, même avec et contre cette inquiétude légitime que je partage, telle que tu l'énonçais dans ta réponse à un commentaire sur le texte "Séjour" https://renethibaud.com/
Écriture, lecture, et joie, amoureuses, "désirantes", sont nos "ouvrances".

r.t a dit…

l'ouvrance ou la brèche dans l'impossible

Hue Lanlan a dit…

ouvrances, des mots métissés, des mots valises, des mots entre langage et corps, amour-altérité et solitude, belles pistes qui ouvrent à, poussent à... merci !

Noëlle Combet a dit…

Oui, métissés, tissés d'amour et solitude, de chair et dit et inspirés du parfum des fleurs; merci à vous Huê de me bien lire et d'être ici présente.