mercredi 9 août 2017

D'ambre et d'éternité



Il y eut tous ces chants d’oiseaux  déposés amoureusement dans la coquille de  ton oreille finement lobée, que je prenais entre mes lèvres, tous ces parfums de fleurs  offerts à tes narines qui les humait en plénitude, toutes ces couleurs du printemps dont j’ai fait bouquets à ta contemplation, tous ces fruits que j’ai tendus à ta bouche gourmande.
Ainsi, tu es devenu mon jardin.
Des automnes t’ont délavé, des hivers t’ont desséché, des printemps t’ont fait renaître et des étés t’ont revêtu de rouge incandescent.
Ainsi es-tu devenu le rythme de mes saisons.


Et dans mes nuits, au plus loin de mes rêves, nous courons, défiant le temps, à travers les champs, partageons les pommes des paradis de rencontre et nous asseyons près de cet âne, si grave, au regard d’ambre et d’éternité profonde.
Le temps, dans ses yeux, nous a oubliés
nc

Tableau: Annick Servant
 

4 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

d'ombre ambrée d'éternité sont parfois faites les scènes d'une mémoire neuve avec le temps,l'écriture révèle parfois qu'elle peut être aussi un dire, un dire sur le temps, sur la vie, une rétrospective neuve et non répétitive c'est ce que m'évoquent vos mots ici : la mémoire est parfois neuve car dépouillée...

Noëlle Combet a dit…

"Mémoire car dépouillée" sonne pour moi comme ce qu'il advient une fois la "désubjectivation" accomplie au terme d'une élaboration personnelle en particulier dans la psychanalyse mais qui peut être aussi, selon chacun, d'un autre ordre..."Seconde vie" en quelque sorte quand le désert du désêtre fait place nette au regard décapé...comme un matin du monde...Et me revient dans ce sens la phrase de Proust que vous rappeliez...Cette mémoire-là que vous définissez ici en serait prémices printanières. Merci Huê pour vos éclairages bienvenus et une journée chaude à vous au-delà de cet été si froid.

r.t a dit…

Un poème au-delà du merveilleux, que je lis et relis comme dans une adoration, comme dans ces yeux d'ambre où l'on peut se faire oublier. Merci Noëlle, je le serre précieusement dans mon butin.

Noëlle Combet a dit…

Oui, René, perdre ses contours et la gravité en des yeux d'ambre... Une sensation...un rêve à butiner! merci pour ce partage et belle soirée à toi.