vendredi 10 novembre 2017

Les racines du brouillard



Frémissement d’automne, la feuille pourpre se détache de l’arbre, virevolte, va rejoindre au sol la sandale abandonnée, là, en un bâillement ; filature des traces en jeu de pas perdus ; la vigne tisserande fait frisson amarante au flanc roux du chevreuil et il s’en va, pieds nus,  va nu pieds de la vie, vagabond  de l’écart, au large des désirs…

Il veut se reposer des hommes, sentir tout contre son visage  les  nasaux tièdes du vent ; il veut l’image d’une bouche embrassée quand le baiser, flottant, voyage dans le corps. Il veut recourir aux forêts, au bruissement des branches et aux ciels décoiffés ; il veut aimer les fleurs dont le cœur est un sexe.  Et il veut  la Grande Ourse de ses nuits enfantines. Il veut, il veut…il veut…

L’horizon, à l’orée du bois, avale sa silhouette,

déjà, il rencontre les racines du brouillard...

Ici sandale béante en attente du pas;

la feuille de l'automne est venue s'y poser

se fondant,  s’ajustant, avant de s'envoler,

inventant en formes et couleurs,

palette d’ocre rouge et de jaunes vert brun.

nc




7 commentaires:

r.t a dit…

Jolie disparition !
En voilà un qui montre la voie !
Comment savent-elle tout ça, la feuille et sa sandale...

Hue Lanlan a dit…

il veut d'un vouloir enraciné dans la vie d'une vie va-nu-pieds d'une vie aux sandales de vent d'une vie nature vers laquelle il va et disparait en ce chemin de neige qui se dirige vers une lumière inconnue voilà ce que m'évoquent vos mots les mots qui dansent dans cette forêt de neige forêt d'hiver qui fait croire que les amarantes sont toujours rouges ;-))
belle soirée Noëlle

Noëlle Combet a dit…

Vie va nu pieds, vie nature où marcher vers le lumineux brouillard d'on ne sait quoi d'inconnu, de sylvestre, et d'éternelle amarante. Merci Huê d'être venue danser avec vos mots parmi les miens et, à vous aussi bonne soirée ;-))

Noëlle Combet a dit…

"Jolie" fait dissonance en légèreté... Étrange lecture...Quelle voie à montrer? Et les objets ne savent-ils rien en leur magie?... les chaussures de Van Gogh ou les lignes de vie et de pensée des feuilles?
Merci pour ton passage, René.

Noëlle Combet a dit…

Si je tente de me remettre dans l'état d'esprit de ce moment d'écriture, je pensais plus à une apparition aussi bien en-deça qu'au-delà et favorisée par les "racines du brouillard", qui en sont le thème, qu'à une disparition.

r.t a dit…

Je sais bien que j'ai fait une autre lecture, j'ai suivi le chevreuil, cela m'a plu !

Noëlle Combet a dit…

Pourquoi pas en effet une lecture tout autre, une lecture/écriture à suivre le chevreuil qui, quoi qu'il en soit, est plus in-spirant que "joli" :-); merci pour cette élucidation, cher René.