mardi 9 janvier 2018

A temps compté



Infime place pour la mésange à tête noire au creux du tronc.  Compte en zinzinulant tchik-a- di- di- di les grains du temps. Moud son blé le minotier coule farine
sablier lisse et blanc de l’hiver.

Timide comme un soupir oser à peine rompre le pain du silence, tout doucement…S’en va revient la vie, pas comptés temps contretemps ; artisan du bal des saisons,  le vent
joue d’étincelles et dans la pluie mène la danse.

Gouttelettes piquent le visage. Ton sourire de toujours, accroché aux commissures des  lèvres est flaque de lumière au fond d’un endroit secret, tapi au creux du monde. Accompagne mon cheminement, l’enveloppe.

Marcher au hasard, s’attarder aux clairières…cherchant les couleurs de la terre.
nc



 

10 commentaires:

r.t a dit…

À pas contés, le temps s'avance dans ce paysage de vivre que tu fais miroiter, et comme c'est beau, comme c'est sensible, cette écriture mésange. On va la lire, la relire, passer et repasser dans les branches, dans les étincelles de la pluie et du vent, dans les pépiements de la pensée, les interstices du cœur... Grand merci Noëlle.

Noëlle Combet a dit…

Que la pensée pépie et que le cœur soit interstitiel...c'est cela tout juste que je ressens et que me conte la marche, celle du temps et du corps et dans le temps. Merci, René, pour cette approche.

VincentSteven a dit…

Noëlle en poésie… Que du bonheur ! comme il se dit quelque part.

Belle journée à toi tout au long de l'an, Noëlle.

Noëlle Combet a dit…

Merci, Vincent, lecteur fidèle...
Toutes sortes de bonheur à toi au long de l'an aussi.

Hue Lanlan a dit…

quand ne restent les mots, je vous dédie ces petites phrases lues du jour : " quand la pensée d'un poète n'est plus régie par les règles du jeu d'une poétique, elle demeure secrète et gouvernée par une prosodie secrète et animée par un rythme premier : haletante ou sereine, emportée ou berçante, la respiration d'un homme " ( claude roy )
belle journée à vous noëlle !

Noëlle Combet a dit…

C'est ça, Huê...Un souffle-rythme-scansion s'enracinant dans le soupir "primal" de
l'un(e) ou de l'autre. Merci et belle journée à vous aussi :-)))

VincentSteven a dit…

À propos (?) et pour alimenter nos moulins (respectifs ?), ceci retrouvé au fil de l'eau de mes relectures :

À la source des chants humains, on retrouve toujours le même regret, le même aveu de souffrance, la profonde revendication. Sans doute n’y a-t-il pas de définition valable du poète, parce que toutes laissent échapper quelque espèce de poésie ; mais on peut dire que les voix de la poésie ne jaillissent jamais du cœur d’un homme si ce n’est pour confesser et pour “enchanter” à la fois l’une des formes de l’éternelle douleur. Le “sanglot qui roule d’âge en âge” a beau se travestir en musique harmonieuse ; les rythmes et les mots ont beau atteindre à l’efficacité d’un exorcisme et ouvrir ici-bas un instant de paradis : ce qu’ils portent et transmettent est, malgré tout, l’incessante lamentation qu’inspire la conscience du malheur terrestre. Et quand la joie éclate aux lèvres d’un poète, elle n’est encore qu’une très lointaine image de la vraie Joie, qui est étroitement apparentée au silence et ignore le besoin de la parole chantante. On touche alors aux limites de la poésie, à ce point où elle va se taire, se résorber dans la contemplation muette.

Gérard de Nerval.

https://excentric-news.info/la-parole-du-poete-gerard-de-nerval-albert-beguin/

Bonne journée, Noëlle.

Noëlle Combet a dit…

Très beau texte... Nous avions déjà, dans le passé partagé Albert Béguin qui me fut prétexte à écriture. Je goûte beaucoup le rythme et les émotions de la poésie nervalienne même si je ne me sens pas ou plus vraiment en adéquation avec cette "nostalgie" : Spinoza est passé par là.
Merci Vincent et bonne soirée.

Benkirane a dit…

Tout m'interpelle de la première consonne à l'ultime syllabe.Mélodie silencieuse comprise.
Bonne fin de soirée chal-heureuse!

Noëlle Combet a dit…

"Mélodie silencieuse"...beau glissement des mots pour appeler l'indicible. Bonne fin de soirée, chal-heureuse, à toi aussi.