jeudi 11 octobre 2018

La neige quand elle fond


Qu’y a-t-il
derrière
les paupières
de la neige quand elle fond ?

Pétales de cerisiers fleurs aversant la lumière, fontaines joyeuses, noyeuses de désastres
Nacre griffe douce de ses ongles, violence bonne des mains et mots d’aimance, eaux débordantes promettant les blés d’or aux plaines futures des siècles passés
écheveaux brins intermittents et dénoués des temps

Lumière et  lumière encore, pluie blanche irréfutable révélant la pure présence du monde dans les fleurs de l’althéa aletheia découvrement, vibration nue
les premiers jours
du reste de ma vie.



nc

6 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

Bonheur de retrouver vos mots
L'automne est aussi une saison qui commence" disait Basho, althéa alétheia, douceur d'une méditation ouverte, verdeur d'une vérité vivace, vérité nature, notre vraie rencontre ou retrouvaille, où la neige rejoint l'âme des cerisiers en fleurs. Oui, la neige a des paupières qui ne flétrissent pas.
Belle journée à vous chère Noëlle

Noëlle Combet a dit…

Merci chère Huê pour votre amitié et votre présence ici qui souffle la verdeur de la vie en multiples v. Musique. Allegro vivace.
Belle journée, et elle s'annonce ensoleillée, à vous aussi.

Vincent Lefèvre a dit…

Bon jour Noëlle !

Peut-être comme un vague écho, une vague d'écho tendue dessus le temps, les espace-temps, les espaces tant, les possibles vies :

Prépare-toi à la mort
prépare-toi
bruissent les cerisiers en fleurs


Issa.

r.t a dit…

Une incroyable douceur lumineuse dans ce poème, si juste en tous ses scintillements

Je suis ému de ce que les mots peuvent toucher la fragile magie d'exister

Et au même moment ou presque j'écoutais ceci : la musique inouïe d'un compositeur qui, lui aussi, met le printemps dans l'automne :

https://www.francemusique.fr/emissions/musicopolis/1972-einojuhani-rautavaara-compose-cantus-arcticus-65333

Vincent Lefèvre a dit…

De Tarek [complexité du web oblige !] : Texte, tout simplement magnifique. Radieuse en écriture comme tu l'étais avec nous lors de notre rencontre de Bordeaux. Merci de ce partage.

Noëlle Combet a dit…

Les cerisiers d'Issa, merci Vincent, bruissent avec une grande justesse et résonnent avec le fragile magie d'exister, merci René, telle que la musique de Einojuhani Rautavaara la donne à entendre dans son concerto pour oiseaux et orchestre.
Merci aussi à Tarek: cette rencontre fut un moment de grâce dans les fumerolles du thé vert. Tant de vérité et de chaleur dans les échanges ne pouvait que me rendre radieuse, comme en l'instant ces lectures de "la neige quand"...