dimanche 9 décembre 2018

Ombre mot


Être là, précisément,
dans ce bonheur, ce bonheur-là, à l'orée de l'insoutenable
en amour d'un désir sans objet,  juste l'image, le rêve de l’objet.

Pleurs du corbeau ont coulé rouge en pétales camélias dans l’interstice de rideaux chevelures charbon blanc.

À mains nues, tâtonner  vers le mot  le plus silencieux, le plus neigeux, le plus disparaissant à la pulpe des doigts,  l'ombre mot  de l’objet,  duvet d’oiseau accroché à l'aubépin de la mémoire.

Le vent d’autan, le vent d'antan
soudain le prend…
l’a emporté. 






nc

6 commentaires:

Hue Lanlan a dit…

reste la poésie et le flot de ses mots, un par un, ombres de choses, qui découle du
parcours d'une vie, avec les mots, avec les choses, déshabillé de ses vieux habits, et ses rêves de vie... c'est ce que m'évoque vos mots, belle journée à vous Noëlle

Noëlle Combet a dit…

Oui, Huê, un par un, les mots, comme le féminin et comme les ombres en habits tout à la fois anciens et neufs. Et que de rêves! Belle journée à vous aussi en mots (des)habillés; en poésie de rêves!

r.t a dit…

Pas toujours rassurant, de se mettre à l'ombre des mots...

Noëlle Combet a dit…

Au risque de la fulgurance!

Thami Benkirane a dit…

Que les mots gardent leurs ombres graphiques,généreuses et vigoureuses! Surtout qu'ils ne deviennent pas l'ombre d'eux-mêmes...
Bonne fin de semaine lumineuse et chal-heureuse!

Noëlle Combet a dit…

Mots, ombres graphiques de l'objet présent ou disparu...Oui; alors, à leur ombre elliptique, en pleins et, à ma préférence, en déliés,il fait bon vivre. Ombre d'eux-mêmes, ce serait le suaire. Merci, Thami, pour cette nuance et, à toi, même bonne fin de semaine que celle que tu me souhaite.