jeudi 3 janvier 2019

Et pourtant


N’est-ce  aussi pesanteur, embarras, douleur en joie d’écrire ;  chercher l’allègement dans l’affluence des mots,  leur gravité, leur ressassement ?

Et pourtant

le vent du matin glisse et coule le long du peuplier

qui borde la fenêtre en caresse sonore 

bruit d’eau

et les fleurs éclosent au ventre de la terre



Et pourtant

le vent du soir glisse et coule en  mes doigts enraidis qui voudraient le saisir, implorants ,

tendus vers son frisson d’hiver.

Dans son tremblement qui agite les feuilles jaunissantes de l’arbre, une année succède à l’autre ; à son tour, deviendra caduque comme mots et images s’enchaînant en mailles tricotées, se détricotant .

Erosion des fleurs au dos de la terre.



Un pigeon clair dans le lointain ? Non, une tache de lumière. Il a plu ; le monde semble né ce matin, lavé, luisant comme un miroir ;

Et pourtant

n’est-ce aussi pesanteur, embarras, douleur en joie d’écrire ?



nc