vendredi 7 juin 2019

La mer aile d'hirondelle








La mer aile d’hirondelle, de bleu d’ardoise et nacre ;
l’enfance se balance à la frange de son jupon d’écume ;
lobe d’une oreille, un rocher frissonne quand le vent murmure l’énigme des aubes de lait et les eaux ridées se dérident.
Le sable sous les pas se tisse de traces qui vont viennent se croisent s’effacent se détissent ; destinée d’hommes, oiseaux, poissons, se froisse et défroisse ; rien ; le silence évasif, évident en poudroiement infime de l’air.

Et la mer aile d’hirondelle de bleu d’ardoise et nacre.

nc

4 commentaires:

lanlanhue a dit…

et de cette écume qui poudroie et qui fond les destins d'hommes-poissons-oiseaux,
" avant moi
qui a habité ici
les violettes " disait Issa,

et le vent en écho
" avant moi
ce fracas de vague
hirondelle de mer "
;-)

Belle journée à vous !


Noëlle Combet a dit…

C'est bien ça Huê, comment nous inscrivons nos liens avec les éléments dans une lignée humaine et comment celle ci inscrit en nous la poésie, en particulier celle, intime et minime de haïkus. Merci et belle journée à vous aussi :-)

r.t a dit…

Merci de ce poème, très beau, à voir, entendre et sentir. Tout le réel – le seul lieu de la vague – est là dans l'immensité de l'instant. Fraîcheur dont les embruns viennent nous émoustiller... qu'ils nous laissent le don de lire la ride des eaux et les lignes du sable, d'entendre l'énigme murmurée des vents, de croire à l'enfance sensible, de nous émerveiller de l'hirondelle... nous en avons bien besoin.
Nous et le monde.

Noëlle Combet a dit…

Merci, cher René, pour tes mots remplis de sensibilité, cette sensibilité dont, en effet, nous avons bien besoin pour faire brèche à tout ce qui dysfonctionne dans notre modernité. Je tente de la sauvegarder en moi mais doute souvent de ce que, même vivante, même partagée, même multipliée, elle puisse suffire à nous garder du pire.