mercredi 8 septembre 2021

De trans-E-versions

 





Je demande le silence

Qu’on me laisse tranquille à présent

Qu’on s’habitue sans moi à présent

Je vais fermer les yeux (…)

Mais parce que je demande le silence

ne croyez pas que je vais mourir :

c’est tout le contraire qui m’arrive

il advient que je vais me vivre.

Il advient que je suis et poursuis  (…)

Je ne me suis jamais senti(e) aussi vibrant(e),

Je n’ai jamais eu tant de baisers.

A présent, comme toujours, il est tôt.

La lumière vole avec ses abeilles

Laissez- moi seul(e) avec le jour.

Je demande la permission de naître.

 

Pablo Neruda

« Vaguedivague »

Traduction Guy Suarès

In « La vie des morts » Jean-Marie Laclavetine

 

 

 

 

Le corps sablier

pépins de figue crissent sous les dents

pépins de vie sont cailloux pointus dans la chaussure

 

d’ahan, un sourire remonte sa pente

s’efforce vers la rive droite du fleuve,

la voix s’engorge s’enlise entre les rocs, s’engargouille dans les méandres

 

la main, aveugle, se dérobe au toucher, entraine le clavier en diaboliques

entrechats ; or,

hors, il est des moments de transe muette

où le corps se dissout dans ce vide qui est tout et où plus rien ne saurait l’affecter

 

plus de deux minutes déjà

que l’œuf frémit dans la casserole

il sera bientôt à point.

 

Nc ( mai-juin 2021)

 

 

 

 

 

1 commentaire:

r.t a dit…

La vie quotidienne
ces deux mots me viennent pour te répondre, magnifiés par la beauté cosmique de ton poème. Mystère de la création, comme tu nous nourris !